domingo, 20 de mayo de 2018

Cómo el escritor Jorge Luis Borges permitirá enseñar poesía a los robots



Un proyecto de colaboración entre varios centros de investigación estadounidenses, lanzado en mayo, tiene como objetivo enseñar a las máquinas a comprender y apreciar la poesía y, por qué no, convertirse en poetas inspirados.

El principio de Poetry4Robots directamente inspirado conferencias a dadas por elescritor y poeta surrealista argentino Jorge Luis Borges en Harvard a finales de 1960 . Borges habló de las metáforas en la literatura y la poesía. Definió la metáfora como "una identificación voluntaria entre dos o más conceptos diferentes, por medio de la emoción" y afirmó que el número de conexiones posibles entre los conceptos y las emociones era limitado.


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Comment l'écrivain Jorge Luis Borges va permettre d’apprendre la poésie aux robots


Un projet monté en collaboration entre plusieurs centres de recherche américains, lancé en mai, a l’ambition d’apprendre aux machines à comprendre et apprécier la poésie et, pourquoi pas, à devenir elles-mêmes des poètes inspirés.

Comme le raconte le site Motherboard, le principe de Poetry4Robots s’inspire directement de conférences prononcées par l’écrivain et poète argentin surréaliste Jorge Luis Borges à Harvard à la fin des années 1960. Borges y parlait des métaphores dans la littérature et la poésie. Il définissait la métaphore comme «une identification volontaire entre deux concepts différents ou plus, par le moyen de l’émotion» et affirmait que le nombre de connexions possibles entre des concepts et des émotions était limité. L’exemple classique étant la correspondance entre un œil et une étoile –rappelons la remarque célèbre attribuée à Gérard de Nerval: «Le premier qui compara la femme à une rose était un poète, le second un imbécile.»

Les machines apprennent grâce aux métadonnées que nous associons pour elles à des objets et, jusqu’à présent, ces métadonnées étaient littérales, elles n’avaient rien de métaphorique. Conséquence: quand vous êtes à la recherche d’une photo d’un coucher de soleil en bord de mer sur une banque d’image en ligne, vous avez intérêt à entrer les termes «coucher soleil bord de mer» pour obtenir des résultats satisfaisants. Avec des métadonnées plus poétiques et métaphoriques, chercher en fonction des évocations associées à ce type de paysage donnerait des réponses pertinentes dans la mesure où les machines auraient intégré ces associations.

Lors d’une première étape lancée en mai, les internautes vont pouvoir écrire des poèmes inspirés par les 120 images mises en ligne sur le site du projet. Ces éléments deviendront des métadonnées associées aux différentes images. En septembre, l’équipe présentera ses résultats et testera dans un deuxième temps la capacité des machines à écrire elles-mêmes leurs propres recueils de poèmes.

Fuente: Slate FR


Jorge Luis Borges, génie de la fiction face à la complexité du monde




Khalid Lyamlahy  

 Dans l’œuvre de Borges, il y a une part mystérieuse, envoûtante, inexplicable, échappant à son époque, glissant avec malice entre les domaines familiers de l’écriture, contournant avec ingéniosité les standards de la création littéraire. Borges nourrit ses œuvres d’une série de références culturelles et historiques, ce qui lui a souvent valu l’étiquette de l’écrivain érudit. Néanmoins, derrière la complexité structurelle et thématique de ses créations, Borges décrit notre monde et déploie une vision humaniste singulière et originale. Dans la préface de Jorge Luis Borges, ouvrage qu’il a consacré à l’écrivain argentin, François Taillandier estime que l’œuvre de Borges, « en apparence si insoucieuse de son temps, si ludique, si écartée du monde, est au fond présente, et nous parle de près, de notre siècle, de notre histoire, de notre condition. ».

 Le pari de Borges

 C’est précisément ici que réside le pari réussi de Borges : rendre compte de la condition humaine tout en libérant la forme littéraire, raconter la complexité de l’existence tout en allégeant le cadre et en renouvelant les canaux de l’écriture. Avec Borges, la littérature devient un exercice du possible. Le pari réussi de Borges nous renseigne sur l’ambition intrinsèque de tout projet littéraire : raconter le monde en quelques pages, résumer l’histoire de l’humanité en quelques traits originaux, érudits et ludiques. En somme, l’écriture de Borges nous propose des expériences de pensée où le réel devient un objet d’étude, un sujet de reconstruction, un support de réflexion qui prône une combinaison savante de la simplicité et de la profondeur.


Dans la préface de son recueil de contes intitulé Le Rapport de Brodie, Borges avoue s’être inspiré des premiers écrits brefs de Kipling, qu’il définit comme des « chefs d’œuvre laconiques ». Pour autant, Borges se montre prudent quand il s’agit de revendiquer la simplicité de ses textes, préférant rappeler la complexité inhérente du monde qu’ils racontent : « il n’y a pas sur terre une seule page, un seul mot qui le soit [qui soit simple], étant donné que tous postulent l’univers, dont l’attribut le plus notoire est la complexité. » Le pari de Borges est d’offrir une voie alternative pour comprendre le monde : « mes contes, comme ceux des Mille et Une Nuits, veulent distraire ou émouvoir, ils ne cherchent jamais à convaincre. ». En privilégiant le ludique et le sensible, Borges redéfinit la visée cognitive de la littérature. Il s’agit de saisir le monde non plus par l’argument et la composition rationnels, mais par la combinaison des jeux mentaux et des expériences sensorielles.


Fictions ou le génie de la forme brève


Il y a quelques années, j’ai découvert Borges à travers son recueil déroutant intitulé Fictions. Paru en 1944 (traduction française en 1951), le recueil est composé de deux sections, intitulées « Le jardin aux sentiers qui bifurquent » (huit textes) et « Artifices » (neuf textes). Dans les prologues respectifs des deux sections, Borges associe ses récits à des genres littéraires variés tels que le policier, le fantastique ou encore le symbolique. Fidèle à sa tradition de commenter ses propres textes, il souligne à juste titre la multitude des ressorts littéraires qu’il a exploités dans les différentes pièces du recueil : la suspension pour susciter l’attente du lecteur dans le récit d’un crime policier, la réactualisation d’un thème universel à travers une histoire brève, la combinaison permanente des références réelles et des représentations irréelles, la construction d’une structure narrative rappelant les schémas du mental, l’utilisation de l’outil métaphorique pour rendre compte de notions complexes, l’amplification des données spatiales et temporelles ou encore la construction de notes ingénieuses et documentées sur des livres qui n’ont jamais existé.



Au-delà de tous ces procédés, il est sans doute utile de noter que Borges développe dans Fictions un genre littéraire nouveau. Comme le relève Jean-François Taillandier, les textes de Fictions ne sont ni des « nouvelles » ni des « anecdotes détournées » : ils « inaugurent une nouvelle façon de raconter une histoire, un genre narratif singulier qui n’est ni le conte, ni la nouvelle, ni le roman. » Le génie de Borges consiste à renouveler la structure littéraire de l’intérieur, à briser la norme du récit en investissant la richesse et la pertinence de la forme brève. C’est Borges lui-même qui le revendique dans le prologue de la première section : « Délire laborieux et appauvrissant que de composer de vastes livres, de développer en cinq cents pages une idée que l’on peut très bien exposer oralement en quelques minutes. ». La forme brève offre à Borges un support à la fois original et adapté pour dire la condition humaine. En opposant à la complexité du monde la brièveté du texte, Borges invite son lecteur à reconstruire mentalement sa propre vision de l’univers. La lecture devient déchiffrage d’énigmes ontologiques, libération des capacités intellectuelles, exploration des frontières du réel et de l’incertain.



Poétique de l’œuvre imaginaire



Il est inutile de tenter de résumer les textes qui composent le recueil de Fictions. Chacun de ces textes ouvre la voie à un domaine nouveau, inattendu et surtout irréductible. Dans « L’approche d’Almotasim », Borges rend compte du roman « dense » et imaginaire d’un avocat indien qui raconte l’histoire d’une quête spirituelle complexe et inassouvie. Dans « Pierre Ménard, auteur du Quichotte », un écrivain imaginaire, du nom de Pierre Ménard, se lance dans l’entreprise folle de réécrire le Don Quichotte, non pas en le copiant, mais en reproduisant « quelques pages qui coïncideraient – mot à mot et ligne à ligne – avec celles de Miguel de Cervantès ». Dans « La Bibliothèque de Babel », Borges décrit une bibliothèque « totale » dont les étagères « consignent toutes les combinaisons possibles des vingt et quelques symboles orthographiques [...] c’est-à-dire tout ce qu’il est possible d’exprimer, dans toutes les langues ».



La nouvelle intitulée « Examen de l’œuvre d’Herbert Quain » prétexte la production littéraire d’un auteur imaginaire pour mettre en exergue les principes fondateurs de l’écriture borgésienne : le jeu narratif, la perversion temporelle ou encore l’inventivité de la structure. Le dernier texte de la première section, intitulé « Le jardin aux sentiers qui bifurquent », imagine un livre labyrinthique et infini où les repères temporels ne cessent de se multiplier, créant des contradictions déroutantes et offrant une image réfléchie de l’univers. Dans « Funes et la mémoire », un personnage nommé Irénée Funes, qui « a plus de souvenirs que n’en peuvent avoir eu tous les hommes depuis que le monde est monde », observe et rapporte la complexité « multiforme » de l’univers. Dans « Thème du traître et du héros », Borges invite le lecteur à un projet de construction littéraire autour d’une énigme qui ne cesse de brouiller les pistes et inverser les identités de ses personnages, tout en évoquant une reproduction des œuvres de Shakespeare. Enfin, dans « Le miracle secret », la succession des séquences de rêve et d’éveil du héros Jaromir Hladik permet à Borges de fusionner les mondes réel et onirique et livrer une réflexion originale sur les frontières qui les distinguent.



Dans la préface d’un ouvrage original consacré à l’écrivain argentin et paru sous le titre symbolique Le facteur Borges, Alan Pauls explique qu’il serait vain de tenter d’identifier une seule propriété qui rendrait compte de l’esprit et du travail de Borges. Comme le monde multiforme et complexe que décrivent ses textes, l’univers de Borges est un espace de création et de réflexion multidimensionnel et intrinsèquement irréductible. Seule y règne la loi de l’imagination expansive et libératrice. Seuls y triomphent le pouvoir de la (re) lecture et la puissance de l’interrogation existentielle et ontologique. D’un bout à l’autre de Fictions, Borges ne cesse d’inventer : des auteurs, des livres, des objets, des espaces, des structures... L’œuvre de Borges est un hymne à l’invention créative qui repousse la logique des catégories préétablies et contourne le monde des règles prédéfinies. Borges nous apprend, écrit François Taillandier, « que notre représentation habituelle du monde, de type rationaliste, est elle aussi une convention, une hypothèse que nous réalisons par la seule grâce de l’habitude ».


De la nécessité de lire Borges


Oui, il faut continuer à lire et à relire Borges. Sans doute faut-il avoir le courage de dépasser la complexité apparente de ses textes pour goûter à leur simplicité profonde et envoûtante. Sans doute faut-il faire preuve d’humilité et de curiosité en abordant ses nouvelles riches en références historiques, culturelles et littéraires. Sans doute faut-il se libérer des codes classiques de la lecture pour saisir ses représentations originales et ludiques, et approcher le monde complexe et insaisissable qu’il s’acharne à vouloir restituer. Borges n’est peut-être pas un écrivain facile, mais il est en tout cas nécessaire. Son œuvre inépuisable fait de la littérature un vaste domaine d’apprentissage et de réflexion dont l’ingéniosité suffit à motiver l’acte de la lecture.  



Dans le quatrième de couverture de l’édition de poche de Fictions (Gallimard, Collection Folio), on peut lire ces quelques mots à la fois utiles et émouvants de Claude Mauriac : « Jorge Luis Borges est l’un des dix, peut-être des cinq auteurs modernes qu’il est essentiel d’avoir lus. Après l’avoir approché, nous ne sommes plus les mêmes. Notre vision des êtres et des choses a changé. Nous sommes plus intelligents. Sans doute même avons-nous plus de cœur. » L’œuvre de Borges interpelle notre intelligence, renouvelle notre pratique de la lecture, réveille nos capacités d’interprétation et élargit le champ de nos connaissances. Avec Borges, la littérature devient une science du monde et du moi, un miroir du possible et de l’autre. Il faut relire Borges pour garder à l’esprit que notre monde est d’une complexité édifiante et que seul le génie humain, nourri d’intelligence, d’humilité et d’ouverture, peut en saisir et en renouveler le sens.

Fuente: Actualitté


Borges y el reto de dar orden al caos





El autor de Ficciones se refirió a la acción de impartir justicia; en uno de sus textos, afirmó que para los argentinos el mundo es desorden, idea compatible con nuestra dificultad para identificarnos con el Estado

Por Leonardo Pitlevnik

Borges ha citado en varias oportunidades la leyenda de los 36 justos que sostienen el mundo. La refiere en El libro de los seres imaginarios, donde explica que si alguno de ellos advirtiera ser uno de esos justos, inmediatamente moriría y sería suplantado por otro, ignorante de su condición. También la cita en "El hombre en el umbral". Allí un personaje dice que elegir a un juez para que dicte una sentencia justa es imposible, pues sería necesario dar con uno de esos sabios que justifican la existencia de la humanidad, los únicos capaces de llevar adelante esa labor. La racionalidad del acto de juzgar es puesta en duda en el relato: aquellos que están en condiciones de hacerlo son por definición anónimos. Para resolver el juicio se requiere de una de esas personas rectas "que secretamente apuntalan el universo y lo justifican ante el Señor: uno de esos varones hubiera sido el juez más cabal. ¿Pero dónde encontrarlos, si andan perdidos por el mundo y anónimos y no se reconocen cuando se ven y ni ellos mismos saben el alto ministerio que cumplen?"

En su ensayo "Nuestro pobre individualismo", Borges vuelve a esa leyenda. Allí escribió que la fábula no debía resultar extraña a los argentinos, un pueblo que suele pensar que el mundo es desorden, idea compatible con nuestra incapacidad para identificarnos con el Estado, esa suerte de "inconcebible abstracción". Refiere que el argentino es un individuo, no un ciudadano. Recurre a los versos de José Hernández que narran la noche en la que Cruz deja a su partida y se pasa al lado de Martín Fierro, paradigma del gaucho que confía en la astilla del mismo palo pero no en la autoridad oficial, no en el juez o la policía. Para quien descree de las circunstancias, no hay orden que funcione como marco de referencia. Para el argentino, dice Borges, el mundo es un caos.

La aparente imposibilidad de hacer justicia en un universo de estas características vuelve a leerse en "Fragmentos de un evangelio apócrifo", en un tono más universal: "Bienaventurados los que no tienen hambre de justicia, porque saben que nuestra suerte, adversa o piadosa, es obra del azar, que es inescrutable".

Es fácil colegir que desde el caos la justicia se vuelva una empresa imposible. Entender el mundo es tener la capacidad de emitir un juicio, discurrir racionalmente acerca de él. Juzgar requiere, como presupuesto, comprender aquello respecto de lo cual se toma una decisión. Un universo azaroso, ajeno a una racionalidad que pretenda conocerlo, no puede luego ser materia de juicio.

El desorden esencial aparece en varios de los textos de quien es quizás el más grande escritor que ha dado el país (aunque, como también él mismo decía con relación a Virginia Woolf, eso poco importa porque la literatura no es un certamen). En "La lotería en Babilonia" es una Compañía secreta y anónima la que determina, mediante el azar, lo que a cada uno le ocurre. La biblioteca de Babel, dice el cuento del mismo nombre, es el universo, y la componen infinitos libros cuyos textos se multiplican en significados, incluso contradictorios. Muchos hombres mataron o murieron en procura del libro que explicara los misterios de la humanidad. Y aunque continuemos buscando entre los anaqueles ilimitados y periódicos, es evidente que no sabemos qué cosa es el universo. Si una verdad existiera inscripta en uno de los libros, nadie podría identificarla: aun leyéndola, no la reconoceríamos.

Para esos personajes que perseveran en buscar una explicación, el desorden del mundo no es una condena a la inmovilidad, a la perplejidad de quien se conforma con mirar sin entender. En cambio, procuran hallar una forma de poner el caos en palabras. Borges escribe en otro texto que la imposibilidad de penetrar en el esquema divino del universo no puede disuadirnos de trazar esquemas humanos, aunque sepamos que serán provisorios. Y explicarlos no significa solo aventurar hipótesis que puedan ser verdaderas o falsas. El solo hecho de escribir es ya una manera de ordenar la realidad, de entenderla. En el Génesis, el caos inicial se desvanece cuando Dios comienza a nombrar al mundo y, nombrándolo, lo crea.

En "Sobre el Vathek, de William Beckford", Borges refiere que una biografía no se define por los múltiples hechos que componen la vida de una persona, sino por aquellos que el observador ha elegido para ser contados y de ese modo dar sentido al personaje de quien se habla. Una biografía de Miguel Ángel, por ejemplo, podría hablarnos de él y omitir la mención de sus obras. La biografía de una persona es aquello que contamos de ella. Del desorden de esos fragmentos que construyen una vida, la biografía elige aquellos que dan sentido a lo narrado. El modo en que contamos ordena lo que es materia de la historia que intentamos referir; pero hacerlo de manera arbitraria multiplica el caos.

¿Qué es, en estos términos, un juicio, sino la elección de hechos relevantes que se efectúa para, a partir de allí, fijar una responsabilidad al decidir si una persona es culpable o inocente, afirmar el valor de aquello que como comunidad procuramos defender e intentar ordenar el mundo? Un juicio penal termina en una sentencia que pretende haber entendido algo que ocurrió, comprendido los móviles y hallado o descartado a un culpable. En caso de condena, haber encontrado el reproche adecuado. De todas las posibles lecturas que se realicen de lo sucedido, aquellas que han sido destacadas por la comunidad como relevantes a través del derecho definirán el significado de una historia.

Las decisiones judiciales, a su vez, van construyendo un sentido en la medida en que pueden ser entendidas como partes de un todo en el que están inscriptas. Es conocida la metáfora de Dworkin, que piensa al derecho como una novela encadenada: las decisiones que asignan significado jurídico son como capítulos de una novela, porque responden a una racionalidad preexistente y se proyectan en decisiones futuras que hacen del conjunto un cuerpo que guarda cierta coherencia. Para eso debo leer el antecedente y agregar un capítulo que pueda ser leído como parte de un todo, y que en el futuro sea la base de quien escriba el próximo.

"Nuestro pobre individualismo" fue escrito en 1946. Terminaba entonces la Segunda Guerra Mundial, una época de activa militancia de Borges contra el nazismo. Europa había sido arrasada por el tercer Reich. Stalin gobernaba en la Unión Soviética. En ese mundo dominado por el totalitarismo, Borges vuelve su mirada hacia su entorno para cifrar una esperanza: aquella desconfianza del mundo, esa forma de descreer de un universo sin orden ni justicia, quizás sea un camino por el cual comenzar a transitar, un modo de salvarnos. Aunque hayan pasado más de 70 años de aquel escrito, es bueno pensar de qué manera queremos narrarnos, cómo pensamos nuestra biografía, de qué trata nuestra novela encadenada.

El autor es juez penal y escritor; su última novela es Los Peces (Notanpuan)


Fuente: La Nación  -  Ideas

sábado, 19 de mayo de 2018

Libro revela las lecturas favoritas de Jorge Luis Borges




El escritor argentino encontraba su inspiración en títulos de filosofía y religión, según La biblioteca de Borges, de Fernando Flores.

Algunos de los libros que leía y sus anotaciones son el contenido de La biblioteca de Borges (Paripé Books), una obra de la que se deduce que la mayoría de obras de ese espacio, que acoge 2.000 volúmenes, trata de filosofía y religión porque era ahí donde el argentino encontraba las claves de la felicidad.

Así lo explicó hoy el autor de la obra, Fernando Flores, durante su presentación junto a la viuda del autor, Maria Kodama, en Madrid.

“Este trabajo muestra una filosofía de vida que apunta a la felicidad, Borges era una persona feliz que buscaba la felicidad”, destacó el artífice de hacer la selección de estas obras que se encuentran en la biblioteca de la Fundación Borges en Buenos Aires.


Para Kodama, según explicó, esas anotaciones eran hechas por Borges para llamar la atención sobre algo que “le aportaba la posibilidad de reflexionar”, y matizó que no a “todo el mundo” le “pueden aportar este interés”.

“Este libro me parece muy interesante porque es una manera de que la gente tenga acceso a los libros que le gustaban, porque Borges -según sus palabras- decía que su obra no era para tanto. Él disfrutaba leyendo a otros autores y ese placer lo quería transmitir a otros lectores para que se iniciaran en ese amor por los libros”.

Así, entre estas páginas se pueden encontrar fotografías realizadas por Javier Agustí de las portadas y páginas anotadas de libros de Jean Cocteau, Kipling, Dante Alighieri -de quien conservaba el mayor número de ejemplares-, Tomas Carlyle, Schopenhauer, Unamuno, Dickens, Quevedo, Homero, Henry James, T E Lawrence, o Spinoza.

Unos libros que, en su mayoría, pertenecían a la casa de su abuela inglesa, y desde “muy pequeño estaba familiarizado con ellos”.

Obras en las que el autor de El Aleph (Buenos Aires, 1899 – Ginebra, Suiza, 1986) escribía con su propia letra acotaciones sobre los pasajes que habían despertado su interés.

“Son los libros que leía y quería, los libros que no le gustaban desaparecían o los regalaba”, ha contado Kodama sobre estos ejemplares con los que su marido pasó horas y horas de lectura.

“Tus libros preferidos, lector, son como borradores de ese libro sin lectura final”, decía Borges, según recoge el libro, donde también se descubre cómo para él leer un libro de Cocteau era como “conversar con su cordial fantasma”.

Y donde se puede leer de su puño y letra esta anotación en el libro de La Eneida: “Virgilio es nuestro amigo. Cuando Dante Alighieri hace de Virgilio su guía y el personaje más constante de la comedia, da perdurable forma estética a lo que sentimos y agradecemos todos los hombres”.

Y también está la Biblia, donde Borges encontró un “interés literario” y, según la define, es una “biblioteca de los libros fundamentales de la literatura hebrea ordenados sin mayor rigor cronológico y atribuidos al Espíritu, al Ruach”.

“Cuando yo lo conocí ya no podía leer, pero podía caminar (…) -apunta Kodama- Pero tenía una memoria prodigiosa y cuando quería que le leyera algo me decía donde estaba cada uno de sus ejemplares y me decía ve más adelante, más hacía atrás”.

Tanto era el amor por los libros que tenía el argentino que, según dijo su viuda, nunca le regaló uno porque de haberlo hecho tendría que haber sido “uno espectacular” y hubiera sido “imposible de comprar”.


Fuente: Culto – La Tercera.com


Borges y David Ben Gurión, una relación marcada por la admiración a los griegos y a la cultura judía




Por Martín Hadis

En 1966, el escritor argentino y el ex Primer Ministro israelí comenzaron un intercambio epistolar que tres años después se convirtió en un encuentro en Buenos Aires. "Más allá de los azares de la sangre, todos somos griegos y hebreos", le había dicho el autor de "El Aleph" al político.

La visita de Benjamin Netanyahu fue la primera que realizó a la Argentina un primer ministro israelí en funciones. Pero tiene un antecedente por demás notable: la visita que realizó David Ben Gurión, quien ejerció el cargo de Primer Ministro de Israel entre 1948 y 1954, y luego nuevamente entre 1955 y 1963. Ben Gurión vino a Buenos Aires en 1969, y su viaje tuvo un objetivo no oficial y por demás curioso: dictar un seminario sobre el filósofo Baruch Spinoza junto a Jorge Luis Borges. La relación entre Jorge Luis Borges y Ben Gurión había comenzado hacía ya algunos años, a través de un intercambio epistolar. Afortunadamente esas cartas, hasta hoy inéditas, se conservan en el archivo del Instituto Ben Gurión en Israel. El 16 de octubre de 1966, Borges, ya ciego, dicta estas líneas:

Sr. David Ben Gurión

De mi alta estima,
Las vicisitudes del hombre son incalculables y muchas; yo no querría que estas me impidieran decirle –siquiera por escrito- la larga admiración que su obra múltiple ha inspirado en mí. Acaso usted no ignore la afinidad que siempre he sentido por su admirable pueblo.


Borges (izq.) y David Ben Gurión (der.) Fotografía tomada en Buenos Aires en 1969 (Gentileza: Baruj Tenembaum y Fundación Internacional Raoul Wallenberg)

Más abajo, Borges afirma haber estudiado en profundidad la filosofía de Spinoza y haber intentado descifrar, mediante las obras de Martin Buber y de Gershom Sholem, "el orbe insondable de la cábala". Y termina su carta afirmando: "Creo asimismo que más allá de los azares de la sangre, todos somos griegos y hebreos".  La misiva de Borges fue recibida en Israel y traducida diligentemente al hebreo; Ben Gurión la leyó y escribió inmediatamente una respuesta también en hebreo, que fue luego traducida al español:

Al distinguido Señor Jorge Luis Borges.

Le agradezco profundamente su carta. De la Embajada de Israel en Buenos Aires oyí mucho sovre su personalidad, sus magníficas obras, y su actitud hacia Israel y su herencia espiritual. De su carta veo que, por lo menos, en un detalle, me parezco a usted: en la admiración a Grecia y la sabiduría judía. Sería para mí un gran placer, si usted podría visitar nuestro país, y encontrarnos en mi hogar, en el Kibutz Sde-Boker en el Neguev. Con mucho aprecio, sinceramente, David Ben Gurión.

(Nota: la grafía de "oyí" y "sovre" no se debe a errores, sino que responde a la gramática y la ortografía del judeoespañol, una indicación de que esta carta fue traducida del hebreo al castellano por alguien del entorno de Ben Gurión que usaba ese dialecto sefaradí —seguramente Yitzhak Navon—.)


Fascimil de la carta (Gentileza Archivo del Instituto Ben Gurión)

Además de ser considerado el padre fundador del moderno estado israelí, David Ben Gurión fue un gran políglota y un hombre sumamente erudito. Su biblioteca personal se conserva hasta hoy día: consta de 20.000 libros, escritos en inglés, hebreo, latín, turco, francés, alemán, ruso y griego antiguo; la mayoría de ellos sobre temas tales como historia, culturas y religiones (entre estos, varias biblias). El gran escritor argentino y el premier israelí tenían —como es evidente— muchos intereses en común.

Borges aceptó gustoso la invitación de Ben Gurión y el gobierno israelí, y a comienzos de 1969, para citar sus propias palabras, "pasé diez días emocionantes en Tel Aviv y Jerusalén". A su regreso, afirmó que venía de visitar "la más vieja y al mismo tiempo la más joven de las naciones".  Seis meses más tarde, es decir a comienzos de junio de ese mismo año, Ben Gurión devolvió la cortesía de Borges y visitó Buenos Aires por única vez y por pocos días. Durante su estadía, Ben Gurión estuvo acompañado por las autoridades de Casa Argentina en Israel, entre ellos Baruch Tenembaum. La relación de Jorge Luis Borges con Israel continuó; en 1971 viajó a recibir el Premio Jerusalén, otorgado por la municipalidad de esa ciudad. Ese premio, afirmó Borges, tenía para él un significado íntimo, porque "siempre me he sentido ligado a Israel, desde la infancia". En una entrevista, Borges afirma: "Creo que mi pasión por Israel procede de mi abuela inglesa. Ella  era  protestante, lo cual quiere decir que era lectora de la Biblia […] Es decir que yo me he criado un poco en un ambiente bíblico, que es decir en un ambiente judío".

Este vínculo entre Borges e Israel duró toda su vida y quedó plasmado en numerosos poemas, cuentos y ensayos; los interesados pueden consultar el volumen Borges: el judaísmo e Israel, publicado por el Centro de Difusión e Investigación de la Cultura Sefaradí (CIDICSEF),  que documenta abundante y detalladamente esa relación. Basten aquí a modo de ejemplo y clarificación las siguientes afirmaciones. Cuando el periodista Oved Sverdlik le preguntó a Borges acerca de la presencia del tema judío en su obra, el autor de Ficciones contestó: "Quizás eso provenga de haber descubierto, entre mis antepasados, nombres como Acevedo o Pinedo, que como usted seguramente no ignora eran familias judeoespañolas que se encontraron entre los primeros habitantes de Buenos Aires. Pero incluso, aunque este hecho no existiera, yo quiero reiterar lo que ya dije en varias oportunidades: es imposible imaginarse la civilización occidental sin los judíos y sin los griegos". Una afirmación que expande la misma idea presente en su misiva a Ben Gurión y que estaba ya presente en un ensayo que Borges escribió en 1934: "Si pertenecemos a la civilización occidental, entonces todos nosotros, a pesar de las muchas aventuras de la sangre, somos griegos y judíos".

Fuente: Infobae


viernes, 18 de mayo de 2018

Feria del Libro 2018 "Borges: un desafío permanente"




 Feria del Libro de Buenos Aires, Edición 44,  domingo 13 de mayo de 2018.

Cristina Bulacio, Viviana Claudia Ackerman  y Alejandro Vaccaro.
Coloquio "Borges, un desafío permanente".

Fuente: You Tube

Borges y los mundos ficticios




En la famosa clasificación tomada de una presunta enciclopedia china que Michel Foucault usara como introducción a Las palabras y las cosas leemos que los animales están divididos en a) pertenecientes al emperador, b) embalsamados, c) amaestrados, d) lechones, e) sirenas, f) fabulosos, g) perros sueltos, h) incluidos en esta clasificación, i) que se agitan como locos, j) innumerables, k) dibujados con un pincel finísimo de pelo de camello, l) etcétera, m) que acaban de romper el jarrón y n) que de lejos parecen moscas. “La imposibilidad de pensar esto”, escribe Foucault, y Borges, que incluye esta “clasificación” en un ensayo sobre el idioma universal propuesto por John Wilkins (que también partía de un intento de clasificar lo real), llega a la conclusión de que todo principio clasificador del universo (todo intento de pensar al universo en cuanto cosmos y en cuanto sistema de relaciones) choca con un límite de arbitrariedad insalvable, que deja a lo “real” del otro lado del pensamiento y el lenguaje.

De hecho, la inclusión de la paradoja de Russell (que en su forma original discute la existencia del conjunto de todos los conjuntos que no se incluyen a sí mismos como miembros –al contrario que el de los animales propuesto por la enciclopedia china) sólo vuelve paradójica una clasificación que ya desde la comparación de las primeras dos categorías exhibe su falla. No nos sirve de nada distinguir entre animales pertenecientes al emperador y embalsamados, ya que es pensable que algún animal embalsamado pertenezca al emperador, o, si seguimos adelante, que algún lechón esté embalsamado o que también pertenece al emperador, o incluso que esté amaestrado; más complejo sería el caso de aquellos que “de lejos parecen moscas”, una categoría mucho más difusa que la de “amaestrados”, y tampoco queda claro qué pensar de los “innumerables” y cómo esto convive con “que acaban de romper el jarrón” (de hecho, otro acierto de esta “clasificación” es que vuelve ridículos y risibles todos los intentos de razonarla).

 A través de una suerte de reducción al absurdo o caricatura que toca lo esencial de su modelo, entonces, entendemos que es imposible clasificar al universo, que lo hacemos tentativamente y desde un lugar en ruinas, un no-lugar, como razona Foucault. La paradoja de Russell funciona como mecanismo para aumentar la resolución de nuestra manera de percibir la falla: si una de las categorías es la de los animales clasificados, ¿con qué otras categorías podría convivir esta? ¿con la de “no clasificados”, la de “impensables”? Pero cualquier compartimento que coloquemos al lado de este será parte de la clasificación, incluso si lo llamamos ñ) no clasificados u o) no clasificables. En su sustrato más básico, aquí se revela un mundo imposible.

Una mirada un poco atenta al entramado de cuentos que hace a Ficciones revela una serie de conexiones entre los textos, que postulan una estructura rizomática de realidad/ficción y ficción-dentro-de-la-ficción. Si el mundo de Ficciones está contenido dentro de Ficciones junto a otros mundos que, inevitablemente, también pertenecen a Ficciones, podríamos pensar al libro completo como una suerte de ejemplificación de un mundo imposible o un no-lugar: una utopía.

Quizá podrían clasificarse los cuentos de Ficciones en por lo menos cuatro grupos: a) el de los cuentos que tienen como narrador a un sucedáneo ficticio de Borges, como sucede con “Tlön, Uqbar…”, y aquí la identificación es activada por ejemplo por elementos de la biografía conocida de Borges (es decir apelando a otro discurso que es en principio ajeno al libro) como ser Bioy en “Tlön…”; b) los cuentos enunciados desde una primera persona marcadamente ficticia, como “La biblioteca de Babel”; c) los cuentos enunciados desde una tercera persona no asimilable –en cuanto narrador/autor– a un Borges ficticio (como “La muerte y la brújula”); y d) los cuentos enunciados desde una tercera persona asimilable –en cuanto autor ficticio pero no en cuanto a narrador– a ese esquivo Borges atravesado por varios planos de ficción y metaficción, por ejemplo, y ya veremos de cerca por qué, “Las ruinas circulares”.

Podemos comenzar por el examen de uno de los cuentos de la propuesta categoría C. Una de las notas a pie de página del cuento “Tres versiones de Judas” (incluido en el libro Artificios, el segundo de los que integran Ficciones) menciona “el último capítulo del primer tomo de la Vindicación de la eternidad, de Jaromir Hladík; los lectores recordarán al protagonista de “El milagro secreto”, Jaromir Hladík, “autor de la inconclusa tragedia Los enemigos, de una Vindicación de la eternidad y de un examen de las indirectas fuentes judías de Jakob Boehme”. Aquí el mecanismo es simple: en el mundo en el que Hladík es “real”, también lo es Nils Runeberg, el protagonista de “El milagro secreto”.

Otro ejemplo, ahora haciendo dialogar cuentos entre categorias: el narrador de “Tlön, Uqbar, Orbis Tertius” (categoría A) se demora en comentar las particularidades lingüísticas de Tlön. “Por ejemplo”, dice, “no hay palabra que corresponda a la palabra luna, pero hay un verbo que sería en español lunecer o lunar. Surgió la luna sobre el río se dice hlör u fang axaxaxas mlö o sea en su orden: hacia arriba (upward) detrás duradero-fluir luneció”. Unas cuantas páginas más adelante, en el cuento “La biblioteca de Babel” (categoría B), leemos: “Inútil observar que el mejor volumen de los muchos hexágonos que administro se titula Trueno peinado, y otro El calambre de yeso y otro Axaxaxas mlö”. Está claro que si la biblioteca registra todas las combinaciones posibles también debe incorporar su propia transcripción de la lengua de Tlön. En ese sentido, la yuxtaposición de mundos (el/los de “Tlön Uqbar” y el de “La biblioteca de Babel”) funciona sin fisuras.

Un poco más complejo es el mecanismo que aparece al final de “Examen de la obra de Herbert Quaim”. Escribe el narrador: “Cada uno de ellos (los relatos del libro Statements, del escritor ficcional H. Quaim) prefigura o promete un buen argumento (…); el lector, distraído por la vanidad, cree haberlos inventado. Del tercero, The rose of yesterday, yo cometí la ingenuidad de extraer Las ruinas circulares, que es una de las narraciones del libro El jardín de senderos que se bifurcan”. Es decir, si el libro que leemos (porque El jardín de senderos que se bifurcan está incluido en Ficciones) lleva la firma de Jorge Luis Borges, entonces podemos intuir la identidad compartida entre el narrador de “Examen de la obra de Herbert Quaim” y el Jorge Luis Borges que firma el libro, lo cual proyecta hacia el mismo nivel de realidad de Borges al reseñado Herbert Quaim (es decir, presenta al cuento como incorporable a la categoría A). O, dicho de otra manera, si un personaje ficticio (como lo es Quaim) logra influir a un autor “real” de ficciones, su irrealidad debe también traspasarse. O, todavía de otra manera, si el narrador/comentador de “Examen de la obra…” es un Borges ficticio, también debe serlo el Borges que firma –como autor, no como narrador– “Las ruinas circulares”: pero si el lector da a ese Borges por una entidad que pertenece a su mundo, la irrealidad de Herbert Quaim debe tocarlo. Es curioso que este mecanismo se dé a través de la influencia literaria, de la “chispa”, digamos, que permite la escritura de un cuento: que esté en la génesis de un texto de ficción.

Aquí la relación es más compleja que en los otros casos comentados, ya que un personaje (y escritor) ficticio se coloca al nivel de la serie de entidades (o causas) que permitieron la existencia de uno de los cuentos “reales” que están en el libro “real” que sostiene el lector “real”. Y esto funciona con la mediación de un discurso: alguien nos dice que el cuento A (que no podemos leer porque el comentarista/narrador no lo cita) influyó en la creación del cuento B, que sí podemos leer porque está incluido en el mismo libro que estamos leyendo. Por lo tanto, “Las ruinas circulares” (o su equivalente ficcional convocado por el final de “Examen de la obra de Herbert Quaim, de alguna manera un modelo o signo del “real”) es un cuento-dentro-de-otro-cuento, y habría que postular un nivel de ficción que supera –porque incluye– al libro Ficciones (de hecho al libro El jardín de los senderos que se bifurcan, que está incluido en Ficciones).

Además, la acumulación de niveles de realidad –es decir, uno de los mecanismos (“artificios”) más visibles en el libro– es tematizada a nivel ficcional por uno de los cuentos, precisamente “Las ruinas circulares”. Este cuento es, básicamente, la historia de un hombre que sueña otro hombre; aquí operan, por lo tanto, dos niveles de realidad, el del soñador y el del soñado, que se confunden cuando el hombre soñado pasa a habitar el mundo del soñador. Pero al final del relato opera otro vuelco de niveles: “Con alivio, con humillación, con terror, comprendió que él también era una apariencia, que otro estaba soñándolo”. Es decir, él, el soñador, también fue sueño de otro hombre, extraído de su nivel de realidad para ser implantado en otro. Es el mismo mecanismo de The matrix, por ejemplo, o de El piso trece, donde se muestran mundos-dentro-de-mundos que no son compartimentos estancos. 

Pero también es cierto que el protagonista de “Las ruinas circulares” está literalmente siendo soñado por Jorge Luis Borges. De hecho, la equiparación creación literaria-sueño es bastante común en Borges; en “Magias parciales del Quijote” (ensayo contenido en Otras inquisiciones), al comentar el capítulo del Quijote en que es examinada la biblioteca de Don Quijote, “El barbero, sueño de Cervantes o forma de un sueño de Cervantes, juzga a Cervantes”. En cualquier caso, lo señalado en este fragmento (y de varias maneras en el ensayo citado) es justamente una interconexión entre niveles de realidad. Podemos postular entonces dos alternativas de lectura de “Las ruinas circulares”

a)      El que sueña al soñador pertenece a una realidad ficcional contenida por los límites del cuento de Borges.
b)      El que sueña al soñador es Borges.

Ambas opciones son compatibles. El esquema A abre la posibilidad de una sucesión infinita de soñadores y soñados, de realidades dentro de realidades (como los “sueños dentro de sueños” en el cuento “La escritura del Dios”, en El aleph) cuyo límite es el de la ficción, los limites textuales, digamos, del cuento de Borges: espacios en blanco, su título y el título del cuento siguiente. En principio este último nivel sería inviolable: todos los “interiores” se interconectan (como en El piso trece), pero el último esta salvaguardado de contaminación: es el del creador literario en tanto soñador. Lo mismo sucedería si pasamos a la opción B: el nivel salvaguardado es el de nuestra realidad en tanto compartida con Jorge Luis Borges, autor “real” del cuento y, por tanto, soñador del soñador. O, mejor dicho, soñador último del soñador.

Pero si ese nivel es cuestionado, como sucede desde el final de “Examen de la obra de Herbert Quaim”, su inviolabilidad es erosionable y por lo tanto no es tal. Porque el nivel último  incluye también un pliegue de realidad: no se nos señala necesariamente una cadena lineal (A sueña a B que sueña a C que sueña a D) pero se problematiza el borde, el límite, como en una cinta de Moebius. Es interesante que esta operación este dada fuera del cuento (es decir al final de otro cuento) pero dentro de los límites de un mismo libro. El nivel inviolable, quizá, sería el de las tapas de Ficciones, aunque también podríamos pensar que esta pared es porosa (las menciones a Bioy Casares, por ejemplo, confunden “nuestro” mundo con el de ese Borges, que nos llevan a un libro –una biografía de Borges– que deje claro que el tal Bioy es real y fue amigo de Borges, que también fue real). También cabe señalar que este proceso de erosión de los “límites” de lo real opera sobre un cuento que de alguna manera modeliza (y tematiza) todos los ejercicios metaficcionales del libro que lo contiene.

Que la literatura ha construido mundos es un lugar común; está el ejemplo de J.R.R.Tolkien y sus historias, mitologías, geografías y lenguajes; que la literatura ha vuelto esa construcción de mundos sobre sí misma también ha sido dicho: toda la narrativa de Onetti posterior a 1953, por ejemplo, opera en el mundo ficticio creado por un personaje de su novela La vida breve. El gesto de Borges es volver esa linealidad sobre sí misma y crear un laberinto derrumbado sobre sí mismo. La línea (la cadena de A creó B que creó C que creó D) es en última instancia imposible de reproducir (es decir, es un laberinto que no posee hilo de Ariadna posible), y el mundo construido por Ficciones, por lo tanto, está en ruinas o esconde en sus pliegues la certeza de que se trata de un no-lugar, un mundo imposible.

En el citado “Magias parciales del Quijote” Borges escribe: “¿Por qué nos inquieta que Don Quijote sea lector del Quijote y Hamlet espectador de Hamlet? Creo haber dado con la causa: tales invenciones sugieren que si los caracteres de una ficción pueden ser lectores o espectadores, nosotros, sus lectores o espectadores, podemos ser ficticios”. Es posible que haya, además, otra causa, y que Borges, que señaló una en “Magias parciales…”, reservó la otra para desenvolver en su obra narrativa: si no podemos saber con certeza quién es el soñador y quién el soñado, si no podemos dar con un nivel último de realidad que no se vuelva sobre sí mismo, entonces, en última instancia, fallará todo intento de pensar al mundo en tanto orden o cosmos. La “realidad”, sea lo que sea, es incognoscible, como sugería la clasificación china al proscribir todo intento de clasificar lo real, de pensarlo en tanto sistema de relaciones. No conocemos al mundo; apenas remedarlo con palabras que encierran, en sí mismas, la prueba de su falsedad.

 Publicado en Otro Cielo #14

Fuente: Lecturas Rasantes